Patrimoine : le buste de Sadi Carnot à l’École (1837-1894)

Sadi Carnot

L’École s’est portée acquéreur d’un buste de Sadi Carnot (1837-1894)

Élève de l’École (1860-1863),
Ministre des Travaux publics (1878-1881)
Président de la République (1887-1894)

Henri  Michel Antoine Chapu a collaboré  avec  la manufacture de Sèvres  pour la réalisation de ce buste en biscuit à partir d’un autre buste en marbre commandé par l’administration des Beaux-Arts.

Ce modèle est l’une des premières éditions du buste de Carnot président de la République en 1888.

Il a été offert par Sadi Carnot à une famille d’industriels alsaciens et c’est à cette famille que l’École vient de le racheter.

Sadi Carnot est issu d’une illustre famille de savants et d’hommes politiques.
Son grand-père est le physicien et mathématicien Lazare Carnot ; on doit à son oncle Sadi Carnot la découverte de la thermodynamique ; il est le fils d’Hippolyte Carnot ministre et sénateur.

Promotion 1862-1863

Sorti major de l’École des Ponts en 1863, il est envoyé en poste à Annecy où il dirige d’importants travaux dont le grand pont de Collonge sur le Rhône.

La guerre de 1870 contre la Prusse déclenche son engagement politique.
Gambetta le nomme préfet en Normandie avec mission d’organiser les forces nationales.
En 1871, il est élu député de la Côte d’Or et fait partie de la gauche républicaine à l’Assemblée. Choisi comme secrétaire par la Chambre des députés, il est aussi rapporteur du budget des Travaux publics de 1876 à 1878.
Il entre au gouvernement en 1878 comme secrétaire d’État puis ministre des Travaux publics jusqu’au retrait du cabinet Ferry en 1881. Il revient au gouvernement 1885 comme ministre des Travaux publics puis des Finances.
Le 3 décembre 1887, le Congrès réuni à Versailles l’élit comme président de la République.
Sous son mandat, l’industrie et l’activité économique se développent, les idées socialistes progressent et le 1er mai est célébré pour la première fois en 1890.
Le 24 juin 1894 à Lyon, Sadi Carnot est assassiné par un anarchiste italien.
Il repose au Panthéon auprès de son grand-père Lazare Carnot.


Durant toute sa carrière, il reste proche de son ancienne École favorisant les projets d’agrandissement et d’aménagement de la rue des Saints-Pères.
C’est également lui qui autorise l’installation de l’obélisque dans le jardin de l’École et sa transformation en monument aux morts en 1880.

A sa mort, les ingénieurs des voies de communication de Saint-Petersbourg envoient à l’École un hommage en l’honneur de cet ancien ingénieur des Ponts et Chaussées en mémoire des liens qui unissent les deux pays dans le domaine des travaux publics.

Mémoire et patrimoine : la restauration des bustes

La collection des 21 bustes de l’École a été restaurée fin décembre 2010.

Ces bustes sont essentiellement en marbre de Carrare de très belle qualité, avec des socles souvent veinés, et en pierre calcaire ; un seul est en plâtre patiné.

Ils sont en très bon état et présentent peu de cassures anciennes ; en revanche de nombreux éclats sont visibles sur les socles, dus aux différents déplacements des œuvres. Leur conservation en intérieur n’a pas empêché un léger piquetage sur certains calcaires.


Buste de Trudaine en marbre de Carrare, avant restauration Buste de Trudaine en marbre de Carrare, après restauration
Buste de Trudaine, avant et après restauration

Ils présentaient tous des salissures homogènes, plus marquées sur les calcaires du fait de la porosité du matériau. On peut penser qu’elles étaient dues principalement aux gros travaux effectués dans les anciens locaux de l’École, rue des Saints-Pères.

Resal, pierre calcaire, en cours de restauration

Buste de Résal, pierre calcaire, en cours de restauration

Il y avait également d’autres types de salissures :
- restes d’écailles de peinture dans les creux dues aux réfections successives des murs.
- taches de peinture de diverses couleurs ainsi que des minuscules mais nombreuses taches d’encre verte
- taches jaunâtres ou brunâtres plus ou moins grasses, dues peut être à des déjections animales.
- taches noires de manipulations
- taches de crayon noir.
- restes d’étiquettes
- chewing-gum

Tous ont d’abord été dépoussiérés au pinceau doux et à l’aspirateur. La majorité a été nettoyée par vapeur d’eau permettant de désincruster la poussière à l’intérieur des pores sans abrasion. Les autres, Trudaine et Perronet, dans la bibliothèque, et Perronet, dans l’amphithéâtre Cauchy ont été nettoyé à l’éponge humidifiée ou au coton humidifié eau/éthanol.

Certaines taches rebelles ont du être éliminées par compresses de peroxyde.

Perronet en plâtre, cassures au visage, avant restauration Buste de Perronet en plâtre après restaurationBuste de Perronet en plâtre, cassure du socle en marbre, avant restauration
Buste de Perronet en plâtre, cassures au visage, avant et après  restauration

Les morceaux cassés ont été recollés à la résine.
Les bouchages ont été réalisés à la poudre de pierre mêlée à de la chaux.
Les retouches ont été réalisées à l’aquarelle.

Le buste de Perronet à l’École des Ponts ParisTech

En 1778, François Masson, frère de Louis Masson, ingénieur des ponts et chaussées, réalise un buste en marbre de Jean-Rodolphe Perronet, premier directeur de l’École des ponts. Il est offert à Perronet en septembre 1778 et installé dans les locaux de l’École, rue de la Perle. Il est maintenant exposé dans l’amphithéâtre Cauchy de l’École à Champs-sur-Marne et sera restauré cette semaine.

Ce buste dont l’ébauche en terre cuite est conservée au musée des Beaux-Arts d’Orléans a fait l’objet de nombreuses copies en plâtre. L’École en possède une en plâtre bronzé ; Ponts Alliance, une autre peinte en gris, offerte par Pierre Bourrier, IPC 1971, au cours de la cérémonie du 150e anniversaire de l’association le 8 décembre dernier.

Des bustes similaires existent également dans des musées français :
un buste en terre cuite au musée Carnavalet à Paris, un buste en plâtre teinté au musée de Versailles ; un autre à celui des Augustins à Toulouse.

Voir aussi Claude Vacant,  Jean Rodolphe Perronet (1708-1794), Presses des Ponts et Chaussées, 2006, pp. 112-116