La collection des phares s’expose… en ligne !

L’École des Ponts ParisTech en partenariat avec la Direction des Affaires Maritimes a numérisé un grand nombre de documents émanant de sa collection des phares : dessins et photographies ainsi que des ouvrages et manuscrits couvrant la période de 1825 à 1939. La sélection a été réalisée par l’expert du sujet Vincent Guigueno.

Une partie de ces documents sont diffusés via la collection de l’école sur Internet Archive : http://archive.org/details/ecole-des-ponts .

Entre autres, il est d’ores et déjà possible d’y consulter (feuilleter en ligne ou télécharger) :

  • • les actualisations successives de la Description sommaire des phares et fanaux allumés sur les côtes de France,…

Dessins et photographies seront ajoutés d’ici quelques jours.
Il sera possible d’admirer en particulier les dessins de quelques coupes et esquisses du phare du Havre, de Dunkerque, des Héaux de Bréhat, de Triagos, du Gris-Nez à Boulogne, de Fatouville, de Saint Pierre… ainsi que de nombreux projets. En outre, plus deux cent photographies, dont la liste serait trop longue à énumérer ici, seront diffusés très prochainement.

La diffusion en ligne d’une partie de la collection prépare d’autres projets actuellement en cours de réalisation : la création d’une bibliothèque numérique dédiée au fonds patrimonial de l’École des Ponts ParisTech qui permettra la diffusion de documents numérisés depuis 2001 ainsi que la création d’un ambitieux site des Phares qui viendra remplacer l’ancienne version qui a cessé d’être consultable sur le site internet de l’École.

Vincent Guigueno « Le phare Amédée »

Lors du Salon international du livre insulaire en août dernier, le Grand prix a été décerné à Vincent Guigueno pour son ouvrage  « Le phare Amédée » (éditions Point de vues) co-écrit avec Valérie Vattier.

Vincent Guigueno, historien chargé de recherches au Ministère de l’Écologie et de l’énergie, du développement durable et de la mer (MEEDDEM) répond ici aux questions de Guillaume Saquet, documentaliste à la Bibliothèque de l’École des Ponts ParisTech.

Guillaume Saquet : Pourquoi avoir travaillé sur un phare de Nouvelle-Calédonie ?

Vincent Guigueno :La demande est venue du Musée Maritime de Nouméa, qui souhaitait organiser une exposition temporaire sur la signalisation maritime en Nouvelle-Calédonie, ayant reçu en dépôt de nombreuses pièces, dont la magnifique optique d’origine, un feu fixe de premier ordre . Celle-ci s’est déroulée de novembre 2007 à juin 2008. La richesse des documents de l’histoire singulière du phare, construit à Paris en 1862, mis en caisse et remonté dans une colonie pratiquement inconnue en métropole, nous ont décidé à nous  (avec Valérie Vattier, la directrice du musée) lancer dans l’écriture d’un livre illustrée.

GS : Qu’il y a t il d’exceptionnel à la bibliothèque de l’Ecole des Ponts (qu’il n’y a pas ailleurs) ?

VG : L’École possède un fonds « phare » exceptionnel : plans, ouvrages, photographies. Dans le cas d’Amédée, l’album des réalisations de Rigolet, un entrepreneur parisien à qui le Service des phares a commandé une tour métallique de 45 mètres. L’exposition organisée au Musée de la Marine en 2012, et dont je suis commissaire, permettra de mettre en valeur ces richesses.

GS :  Est-ce ton premier 1er prix ?

VG : Grand Prix oui, j’avais déjà été primé à Ouessant en 2003 pour Jean Epstein, cinéaste des îles (Editions JM Place)

GS :  Depuis combien de temps travailles-tu sur les phares ? Sur Amédée en particulier ?

VG : J’ai commencé en 1995 une thèse consacrée Au Service des phares, soutenue en 1999 et publiée aux Presses Universitaires de Rennes en 2001. J’ai toujours conservé un lien avec le « milieu » des phares, c’est à dire les agents (gardiens, marins, ouvriers, ingénieurs), mais également les chercheurs, les fonctionnaires, les journalistes, les artistes qui, de près ou de loin, s’intéressent à ces monuments. J’ai participé à 3 autres beaux livres avec les photographes Frank Guillaume et Jean Guichard.
Pour Amédée, j’en parlais déjà dans la thèse, mais c’est l’exposition qui m’a conduit à m’y intéresser, également le plaisir de travailler avec et au Musée Maritime de Nouméa.

GS :  Le patrimoine maritime de la signalisation a t il un avenir ?

VG : Vaste sujet…

GS :  Quel est ton rôle au Ministère ?

VG : Je suis chargé de proposer au MEEDDEM, qui en a la charge, une politique pour assumer la dimension patrimoniale, touristique, culturelle des phares. Cela passe par des changements de domanialité (on parle dans la presse aujourd’hui de transferts au Conservatoire du littoral), des classements au titre des Monuments Historiques et une réflexion sur la rénovation du Musée des Phares d’Ouessant. J’avais remis un rapport en 2002 préconisant ses actions auxquelles je participe pour le compte de la Direction des Affaires Maritimes.

Né le 30 mai 1968 à Vannes (Morbihan), ingénieur de l’Ecole polytechnique (1991) et de l’Ecole des ponts (1994), docteur en histoire de l’Université Paris 1 (1999), Vincent Guigueno est chargé  du  patrimoine  «phares  et balises» à la direction des affaires maritimes au MEEDDEM