Patrimoine : une exposition sur les phares au Musée national de la Marine

L’École des Ponts ParisTech est partenaire de l’exposition temporaire  « Phares » organisée au Musée national de la Marine du 7 mars au 4 novembre 2012.

De nombreux documents originaux issus des collections de la bibliothèque de l’École sont présentés dans l’exposition.

Pour en savoir plus, écouter ici le dossier spécial de l’émission de France Inter « la tête au carré »  du 7 mars consacrée aux phares et aux ponts en présence de Vincent Guigueno, commissaire de l’exposition, historien, professeur à l’École et auteur de nombreux ouvrages sur le patrimoine des phares dont « les Phares » édité en 2012 aux éditions Gallimard et d’ Elisabeth Dumont-Le Cornec, auteur des  « Ponts mythiques » édité en 2011.

A lire aussi :

le billet du blog de la Bibliothèque nationale de France

le mémoire d’Augustin Fresnel consultable sur Bibnum et présenté par Vincent Guigueno

Vincent Guigueno « Le phare Amédée »

Lors du Salon international du livre insulaire en août dernier, le Grand prix a été décerné à Vincent Guigueno pour son ouvrage  « Le phare Amédée » (éditions Point de vues) co-écrit avec Valérie Vattier.

Vincent Guigueno, historien chargé de recherches au Ministère de l’Écologie et de l’énergie, du développement durable et de la mer (MEEDDEM) répond ici aux questions de Guillaume Saquet, documentaliste à la Bibliothèque de l’École des Ponts ParisTech.

Guillaume Saquet : Pourquoi avoir travaillé sur un phare de Nouvelle-Calédonie ?

Vincent Guigueno :La demande est venue du Musée Maritime de Nouméa, qui souhaitait organiser une exposition temporaire sur la signalisation maritime en Nouvelle-Calédonie, ayant reçu en dépôt de nombreuses pièces, dont la magnifique optique d’origine, un feu fixe de premier ordre . Celle-ci s’est déroulée de novembre 2007 à juin 2008. La richesse des documents de l’histoire singulière du phare, construit à Paris en 1862, mis en caisse et remonté dans une colonie pratiquement inconnue en métropole, nous ont décidé à nous  (avec Valérie Vattier, la directrice du musée) lancer dans l’écriture d’un livre illustrée.

GS : Qu’il y a t il d’exceptionnel à la bibliothèque de l’Ecole des Ponts (qu’il n’y a pas ailleurs) ?

VG : L’École possède un fonds « phare » exceptionnel : plans, ouvrages, photographies. Dans le cas d’Amédée, l’album des réalisations de Rigolet, un entrepreneur parisien à qui le Service des phares a commandé une tour métallique de 45 mètres. L’exposition organisée au Musée de la Marine en 2012, et dont je suis commissaire, permettra de mettre en valeur ces richesses.

GS :  Est-ce ton premier 1er prix ?

VG : Grand Prix oui, j’avais déjà été primé à Ouessant en 2003 pour Jean Epstein, cinéaste des îles (Editions JM Place)

GS :  Depuis combien de temps travailles-tu sur les phares ? Sur Amédée en particulier ?

VG : J’ai commencé en 1995 une thèse consacrée Au Service des phares, soutenue en 1999 et publiée aux Presses Universitaires de Rennes en 2001. J’ai toujours conservé un lien avec le « milieu » des phares, c’est à dire les agents (gardiens, marins, ouvriers, ingénieurs), mais également les chercheurs, les fonctionnaires, les journalistes, les artistes qui, de près ou de loin, s’intéressent à ces monuments. J’ai participé à 3 autres beaux livres avec les photographes Frank Guillaume et Jean Guichard.
Pour Amédée, j’en parlais déjà dans la thèse, mais c’est l’exposition qui m’a conduit à m’y intéresser, également le plaisir de travailler avec et au Musée Maritime de Nouméa.

GS :  Le patrimoine maritime de la signalisation a t il un avenir ?

VG : Vaste sujet…

GS :  Quel est ton rôle au Ministère ?

VG : Je suis chargé de proposer au MEEDDEM, qui en a la charge, une politique pour assumer la dimension patrimoniale, touristique, culturelle des phares. Cela passe par des changements de domanialité (on parle dans la presse aujourd’hui de transferts au Conservatoire du littoral), des classements au titre des Monuments Historiques et une réflexion sur la rénovation du Musée des Phares d’Ouessant. J’avais remis un rapport en 2002 préconisant ses actions auxquelles je participe pour le compte de la Direction des Affaires Maritimes.

Né le 30 mai 1968 à Vannes (Morbihan), ingénieur de l’Ecole polytechnique (1991) et de l’Ecole des ponts (1994), docteur en histoire de l’Université Paris 1 (1999), Vincent Guigueno est chargé  du  patrimoine  «phares  et balises» à la direction des affaires maritimes au MEEDDEM